Photo par Marion Leuger

Aujourd’hui, 30 Avril, est la journée de la Non-violence Educative.

Aujourd’hui plus que jamais, je sais l’impact que peuvent avoir les violences éducatives ordinaires sur les enfants devenus adultes puis parents. Je connais les dégâts, je mesure le degré de gravité et l’atteinte de certaines fonctions cognitives et compétences psycho-affectives. C’est quelque chose que j’observe au quotidien.

Aujourd’hui, je ne peux plus… Je ne peux plus accepter ces mots-cailloux, comme le dit si bien Jacques Salomé. Je ne peux plus accepter cette maltraitance émotionnelle entre personnes, et surtout d’adulte à enfant. Je n’accepte plus ces étiquettes, ces moqueries, ces soumissions, ces insultes, ces humiliations, ces négations et toutes formes de violences, faites sur les enfants par les adultes.

Aujourd’hui, grâce aux recherches et études en neurosciences cognitives et affectives, nous savons ce que ces violences détruisent. « Des fessées et des claques, j’en ai reçu, et j’en suis pas mort ! »… Toi, non. Toi non plus. Mais lui, oui. Et elle aussi, comme chaque enfant qui meurt tous les 5 jours sous les coups de ses parents. Et puis, même si tu n’en es pas mort physiquement, peut-on regarder plus précisément à l’intérieur de toi pour mesurer ce qui est mort ? Comme… ton empathie ? Ton intelligence relationnelle et émotionnelle ? Ton altruisme ? Qu’est-ce que ces claques, ces humiliations, cet adultisme, sont venus abîmer, déchirer et détruire en toi ? Quelle image de la relation à l’autre sont-elles venues imprégner dans ton cerveau d’enfant, puis d’adolescent, d’adulte, et de parent ?

Aujourd’hui plus que jamais, je continuerai. Non pas de me battre, car cela sous-tend que pour stopper la violence il faut de la violence et du combat. Non… Je continuerai de semer ces graines d’amour, de bienveillance et de bientraitance. Je continuerai mon propre chemin, pour montrer qu’une autre voie relationnelle est possible. Je continuerai mon propre chemin pour cicatriser de mon passé, de mon histoire, et construire quelque chose de meilleur pour mes enfants, et pour tous les enfants (et leurs parents !) que je croiserai sur ma route.

Continuons de semer. Un pas après l’autre. Un peu chaque jour, à la hauteur de nos possibilités et de nos moyens.

Avec tout mon amour,
Marion.