J’ai tellement été enfermée – dans ma fatigue, dans mon corps, dans ma tête, dans ma maison, dans ma dépression – qu’aujourd’hui j’ai besoin de partir…

J’ai tellement été enfermée, qu’aujourd’hui je veux être dehors aussi longtemps que possible. Je veux être loin des corvées quotidiennes, de la liste de course, du ménage à faire, du rendez-vous chez la pédiatre, des chaussettes trouées… Plus je suis loin de la maison, et mieux je me sens.

J’ai tellement été enfermée, qu’il m’est difficile aujourd’hui de continuer à ressentir ce carcan créé par les impératifs horaires, le timing trop serré, l’administratif aigu, la routine…

J’ai besoin de voir les autres, de voir le monde, de m’ouvrir. De rattraper et de bouffer toutes les heures que j’ai perdu lorsque je n’étais plus là.

J’ai besoin de m’évader, d’être loin de vous, mais sans partir trop longtemps.

Et si je m’autorise aujourd’hui à le faire, mes chers enfants, c’est parce que je me sens libre. Je me sens libre et en sécurité dans ma relation avec vous pour pouvoir le faire, pour me l’autoriser, sans culpabiliser, sans honte ni remords. Je me sens si solidement attachée à vous, et vous à moi, pour me l’autoriser, pour ne pas le craindre, pour ne pas en avoir peur. « Pour pouvoir se détacher, il faut être déjà bien attaché » qu’ils disaient… et c’est vrai. Je me sens solidement ancrée dans vos cœurs et dans vos tripes pour pouvoir partir, souvent et plus longtemps. 

Marion.