Mon enfant, mon tout-petit,

   Toi qui te tiens à moi. Qui t’accroche. Si innocemment, si symboliquement… Moi qui dois te protéger, te guider et t’apprendre ; mais aussi te laisser, te lâcher…

   J’ai peur pour toi aujourd’hui. Pour là tout de suite, mais aussi pour demain. Tu connaitras un monde où la distance géographique n’en sera plus grâce aux appels visuels. Et en même temps les gens se seront éloignés les uns des autres. Éloignés du Coeur et de ce qui fait notre Humanité.

   Mon tout petit. Mes enfants… Aujourd’hui je mesure un peu plus chaque jour l’enjeu que nous avons, nous parents, de vous rapprocher de ces valeurs Humanistes. De ce qui fait de nous des Humains, de ce qui nous aide à avancer, de ce qui nous fait aimer la vie. De ce qui nous fait nous aimer tout court.

   Et l’Amour commence déjà par une caresse, une étreinte, un regard, un sourire. Quelque chose de relationnel et d’enveloppant, de contenant.

   Peut-être que ces Messieurs de la Terreur n’ont pas eu la chance, eux, d’être aimés, contenus, portés, au plus près de leurs parents, de leurs figures d’attachement. Ils ont sans doute été trop meurtris et fragilisés, très tôt, trop, et trop vite…

   Alors, laissons-nous le temps de vivre et de s’écouter, de se respecter et de s’aimer. De s’aimer. De s’aimer…

Marion.