En fait, j’ai toujours cru que ce qui me touchait le plus dans l’histoire de Dumbo, c’était Dumbo lui-même… Ce petit éléphant, aux grandes oreilles, dont tout le monde se moque… Qui se retrouve séparé de sa maman alors qu’elle a voulu le protéger…

   Eh bien, je me suis trompée. Après 15 visionnages du film en à peine quelques jours, grâce à ma fille aînée… J’ai eu la révélation !

   Ce n’est pas seulement l’histoire de Dumbo qui me touche. C’est surtout la petite souris qui l’accompagne. Cette souris, aussi petite et insignifiante soit-elle, va aider ce gros pachyderme en devenir à surmonter des épreuves douloureuses de séparation, à prendre confiance en lui, à s’accrocher à ses rêves. Tel un ange gardien, un guide, il va lui montrer que lui, Dumbo, malgré ses grandes oreilles disproportionnées, il va pouvoir en faire plein de choses ! Il va en faire un atout.

   Je crois qu’en fait, depuis ma plus tendre enfance, celui qui a fait de moi la psychomotricienne que je suis aujourd’hui, c’est bien lui : Timothée la souris. Celui qui trouve la plume magique de Dumbo, pour l’amener aussi loin que possible, pour surmonter ses angoisses, ses craintes, son handicap…

   Je crois que je veux être la « Timothée » de tous ces petits « Dumbo » en souffrance. Trouver pour chacun de ces enfants, la « plume magique » qui leur permettra de leur donner des ailes, d’aller plus haut, plus loin, de croire en eux, en la vie, d’avoir confiance…

   Quoi de plus affreux que de voir une maman, à qui on a retiré la garde de son enfant car considérée comme dangereuse pour lui, alors qu’elle voulait simplement le protéger. Le protéger des moqueries, le protéger des agressions du monde extérieur contre son handicap… Cela me révolte.

   Alors oui, je veux être ce petit ange, cette petite aide, auprès de tous ces « Dumbo ». Car chacun a droit au respect, à la reconnaissance, dans la « norme » ou pas, avec handicap ou pas.

   Je veux le meilleur pour ces enfants, pour ces parents.

  Mon métier ne me fera pas devenir milliardaire, je n’aiderai pas à résoudre la crise économique avec… Mais au moins, tous les matins lorsque je me lève, je sais pourquoi je vais bosser. Et pour qui je le fais. Je le fais avec passion, conviction et foi. J’aime mon métier et de savoir que je peux apporter une petite aide à ces enfants et à ces familles, contribuer à les rendre heureux, à leur donner confiance en eux : c’est ça qui me booste. C’est mon moteur, mon carburant, ma dope. Je vis pour ça et je suis entière dans ce que je leur offre.

   Alors oui, peut-être devrait-on inventer un nouveau terme, celui du « Syndrome de Dumbo » ? A tous les gens pris par cette passion viscérale d’aider les plus vulnérables, d’améliorer les conditions de vie de ces enfants, de leur donner goût à la vie, de leur donner l’envie de se battre, de s’accrocher.

Marion.

08/11/2013